J’agonise fort bien, Merci… : une belle rencontre à renouveler !

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Il y a une semaine je vous présentais mes découvertes faites au Salon du Livre de Paris ici. Une semaine plus tard, je vous présente ma première chronique concernant ces achats. J’ai choisi de commencer par mon premier coup de cœur du Salon du Livre. Pour ce livre, j’ai à la fois aimé la couverture d’Émile Denis que je trouve absolument superbe et qui représente bien l’ambiance du livre dont elle est la première ambassadrice et l’auteur dont j’ai beaucoup apprécié la rencontre.
J’agonise fort bien, Merci. d’Oren Miller aux Éditions de l’Homme sans nom.
Et puis ce titre : J’agonise fort bien, Merci… Ça donne envie d’en savoir plus non? 
Pour une fois sur ce blog je ne vais pas parler SF et Fantasy mais plutôt Polar sur fond de folklore breton ! L’auteur nous transporte à Sainte-Marie-la-grise, village breton proche de Dinard où nous rencontrons Isabeau Le Du, assistant d’un avocat de la région qui va se voir confier, par son patron, le poste temporaire de commis auprès d’un notaire parisien le temps de sa venue à Sainte-Marie où il doit régler l’héritage d’une riche cliente et amie. Le duo improbable de ce jeune homme orphelin issu des institutions françaises et de ce notaire Parisien originaire du Congo va nous faire découvrir les secrets des habitants d’une petite ville propre sur elle mais percluse de superstitions et de folklore moyenâgeux.

Dessins d’Émile Denis représentant Évariste Fauconnier et Isabeau Le Du.
Oren Miller nous transporte dans la Bretagne des années 50. Le seconde guerre mondiale et la crise économique de 29 ont laissé leurs stigmates dans cette France profonde. Nous suivons Évariste Fauconnier et Isabeau Le Du évoluer au sein d’une petite communauté qui vit presque en autarcie.
La plume de l’auteur est incisive dans ses dialogues et presque poétiques dans sa description des paysages et des lieux.
– Georges ! lança Évariste avec enthousiasme. Je commençais à m’inquiéter. […]
– Monsieur, reprit Georges, je dois vous dire qu’en rentrant j’ai trouvé un homme sur le palier qui désirait vous voir. J’ai pris la liberté de lui signifier qu’il n’était plus l’heure de recevoir. Cependant , il a insisté.
Ça fait beaucoup de mots pour une si petite information, pensa Isabeau.
– Il a insisté, répéta Évariste dont les yeux brillèrent aussitôt de plus belle. Comment?
– Pardon, Monsieur?
– Comment a-t-il insisté ? En suppliant, en menaçant, en pleurant?
– Avec insistance, monsieur. Mais, si je puis me permettre d’ajouter, il l’a fait avec beaucoup de classe.
– Vous faites bien de le préciser, en effet. La classe fait tout passer. Au fait, vous aimez les huitres? 
– Tout dépend de leur origine, monsieur, répondit le majordome sur un ton invariable d’employé des pompes funèbres.
– Alors je crains de devoir me fier au professionnalisme de la cuisinière, regretta Évariste.
Isabeau hallucinait. C’était la conversation la plus bizarre à laquelle il avait jamais assisté. […]
– Que dois-je faire , Monsieur?
– Mon Dieu, je n’en sais rien, je ne suis pas spécialiste en huitres.
– Je faisais référence à l’homme qui souhaite vous voir et attend en bas.
– Et bien, faites le entrer. Je croyais ce sujet tranché.
Les personnages sont décrits au vitriol sans concession et sans complaisance. Notre couple d’enquêteur est très bien assorti et les joutes verbales entre les deux hommes sont des petits bonbons acidulés qui émaillent tout le récit. Une ambiance parfois claire parfois sombre et inquiétante comme un ciel de Bretagne. Un intrigue qui se développe petit à petit et qui explose littéralement à la fin du livre. 
Finalement, un très beau voyage dans le temps, entre folklore et réalité, bêtise et remords, intelligence et malice. J’ai beaucoup aimé ce récit, son ambiance, ses personnages… j’espère peut être retrouver Évariste et Isabeau pour de nouvelles enquêtes tout aussi passionnantes, peut être même Georges sera-t-il encore des nôtres?
 
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