Le Seigneur des Anneaux : La magie de la traduction de Daniel Lauzon

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Depuis un petit moment je voulais vous parler du Seigneur des Anneaux… 
Oui je sais tout le monde connait, c’est pas hyper original comme chronique, entre les films, les livres version poche, collector ou illustrés, les figurines, etc… On a mangé du Seigneur des Anneaux pendant plusieurs années parfois jusqu’à plus soif… Mais ne partez pas en courant, je vais vous expliquer. 
J’ai découvert le Seigneur des Anneaux en lisant les exemplaires présents dans la bibliothèque de mes parents, c’est à dire une édition de la fin des années 70. Comme beaucoup, j’ai galéré sur les 100 à 150 premières pages avec une narration laborieuse et une histoire qui rame et qui nous donne l’impression que les pages sont loooooongues. C’était ma première lecture Fantasy et j’ai finalement adoré l’univers : les différents peuples, un monde inconnu, une quête pour sauver le monde, des royaumes sous les montagnes, bref malgré un début difficile mon premier pas dans un univers Fantasy était fait. Pourtant j’avais gardé de cette lecture, une première impression de lourdeur dans l’écriture.
Les livres du Seigneur des anneaux c’est, depuis leur première édition en français dans les années 70, de nombreuses rééditions aussi bien en broché qu’en poche :
Quelques couvertures des différentes éditions française du premier tome du Seigneur des Anneaux : La communauté de l’Anneau

Mais ces rééditions ont toujours été faites avec le même texte issu du travail de traduction de Francis Ledoux datant de 1972. Cette première traduction avait été faite sans filet de sécurité. A cette époque l’œuvre de Tolkien était peu connue et pas entièrement publiée, de plus Francis Ledoux n’avait pas eu accès aux documents rédigés par Tolkien pour la traduction de ses livres. Du coup, au fur et à mesure de la découverte et des traductions des autres œuvres de Tolkien, notamment celle du Silmarillon et des Contes et Légendes inachevés, des erreurs et des incohérences sont mises en évidence dans la traduction. Il faut dire qu’en tant que linguiste et amoureux de sa langue maternelle, Tolkien a écrit une œuvre qui est particulièrement difficile à traduire.
Après que beaucoup de voix, notamment celles des passionnés, se soient faites entendre sur la qualité de la traduction de plusieurs livres de Tolkien, les Éditions Christian Bourgeois ont décidé en 2013 de travailler sur une nouvelle traduction du Seigneur des Anneaux. C’est Daniel Lauzon, qui avait travaillé sur la nouvelle traduction du Hobbit qui est approché pour réaliser cette nouvelle traduction. Tout comme dans le découpage initial réalisé par l’éditeur anglais de Tolkien, cette nouvelle traduction sera publiée en 3 tomes qui sortiront au fur et à mesure de l’avancée de la traduction. Vous pouvez trouver une interview de Daniel Lauzon concernant son travail sur le site web Elbakin.net ici.

Et moi c’est justement du premier tome du Seigneur des Anneaux nouvelle traduction que je veux vous présenter. On a beaucoup parlé de cette nouvelle traduction qui a d’ailleurs été plutôt bien accueillie par les fans et j’étais tenté par l’expérience : Une traduction peut-elle jouer sur le rendu d’un livre ?
Le Seigneur des Anneaux : La fraternité de l’Anneau 1 de J. R. R. Tolkien aux Édition Christian Bourgeois d’après la traduction de Daniel Lauzon
Et je peux tout de suite répondre à cette question c’est OUI. Beaucoup voire E-NOR-ME-MENT. J’ai totalement redécouvert la première partie du Seigneur des Anneaux avec cette nouvelle traduction. On découvre un récit fluide, poétique et presque chantant (non non je n’exagère pas). On oublie les lourdeurs et les chaos de la première traduction. Je reste émerveillée devant ce nouveau livre. 
Daniel Lauzon a utilisé beaucoup de documentation pour ce travail et notamment un guide de traduction pour les noms des personnages: ainsi Frodon Baggins est traduit par Frodo Bessac, changement le plus flagrant mais il y en a plusieurs de cette étoffe. Personnellement ça ne m’a pas gêné et je trouve même un coté chantant et rythmique à ce texte qui semble retrouver l’intégralité qu’il avait perdu avec une traduction manquant de finesse.
Cette édition s’accompagne d’illustrations réalisées par Alan Lee qui fut le directeur artistique durant le tournage de la trilogie de Peter Jackson. Elles sont magnifiques et accompagnent délicatement le récit et y ajoute une certaine douceur.
Illustration d’Alan Lee : La maison de Tom Bombadil, la porte de la Moria, la Lothlorien.
Je ne peux que vous conseiller cette nouvelle édition : oubliez les 150 première pages un peu imbuvables et un récit parfois lourd. On découvre maintenant toute la poésie que Tolkien avait mis dans son conte. On se risque à entendre le chant des elfes le soir dans les salles de Fendeval et a admiré encore une fois les grandes salles du royaume de la Creusée des Nains. Un récit qui retrouve toute sa majesté grâce à un travail de traduction millimétré. A découvrir !
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