Dans ma biblio, il y a aussi… Episode 3

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Me voici de retour pour ce nouveau rendez-vous hebdo « Dans ma biblio, il y a aussi… » pour vous faire découvrir un
livre sorti de ma bibliothèque et lu il y a… pffff…. longtemps !!
Mais qui m’a marqué (et que j’ai accessoirement relu pour faire cette
chronique 😉 )

Pour ce troisième rendez-vous, je vous propose de découvrir le premier tome d’une saga très française et absolument hors norme : Au bonheur des Ogres de Daniel Pennac. Par son style, son anti-héros, les thèmes abordés, j’ai dévoré cette saga ado, je dois dire que la couverture de Tardi ne laisse pas indifférent non plus.

Au Bonheur des Ogres de Daniel Pennac aux Éditions Folio

Côté famille, maman s’est tiré une fois de plus en m’abandonnant les mômes, et le Petit s’est mis à rêver d’ogres Noël.
Coté coeur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire).
Coté boulot, la première bombe a explosé au rayon jouet, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j’étais là aussi pour l’explosion de la troisième, ils m’ont tous soupçonné.
Pourquoi moi ?
Je dois avoir un don…

Je me rappelle que ce qui m’avait d’abord fait acheter ce livre c’est le clin d’œil de Pennac au titre de Zola car j’avais lu quelques temps auparavant Au bonheur des dames. Tout comme dans Au bonheur des dames, l’histoire se déroule ici dans un grand magasin à Paris, sauf qu’avec Pennac, des bombes explosent et des petits vieux trépassent.

On découvre l’intriguant Benjamin Mallassène. Métier : Bouc émissaire dans un grand magasin. Vie privée : Chargé de famille nombreuse, frères et sœurs. Un chien, des amis et un quartier de prédilection : Belleville. Mais surtout un esprit critique et caustique absolument exquis. Benjamin Malaussène s’est une culture littéraire savamment dosé, un frère de famille attentif mais libertaire, un philosophe qui regarde la vie s’écoulait autour de lui et qui se demande où tout ça va l’emmener.
Ce qui suit s’annonce par un coup de sonnette, le lendemain 25 décembre à 8h du mat. Je m’apprête à gueuler :  » Entrer, c’est ouvert », mais un mauvais souvenir me retient. C’est comme ça que Julius et moi, la semaine dernière, on s’est retrouvés avec un cercueil de bois blanc au milieu du couloir, flanqué de trois déménageurs à la min constipée. Le plus pâlichon des trois à simplement dit :
– C’est pour le cadavre.
Julius à foncé se réfugier sous le plumard, et moi, les tifs en bataille, les carreaux ternes, j’ai montré mon pyjama avec un air désolé :
– Repassez dans 50 ans, je suis pas tout à fait prêt.
Daniel Pennac nous présente un personnage atypique, avec un regard perçant sur la vie, un regard juste, non complaisant sur la réalité mais sans pessimiste. En plus de ce personnage principal pour qui bouc émissaire est un don (une destinée ?) Daniel Pennac aime retranscrire les faits de société et bousculer les clichés féminins: une mère fugueuse qui laisse ses enfants s’élever eux-même et une jeune journaliste sexuellement libérée qui développe une théorie selon laquelle « il n’y a que les révolutionnaires au lendemain de la victoire et les grands primitifs pour baiser correctement. Les uns et les autres ont l’éternité dans la tête, ils baisent au présent de l’indicatif… »
J’aime particulièrement le mélange de cultures qui ressort de ce livre, de l’Afrique du Nord , à la 2nde Guerre Mondiale en passant par Napoléon et les photographies de David Hamilton ou la plume de Carlo Emilio Gadda… C’est un parfum vivant et très humain qui ressort de ce livre. Un parfum de famille, d’amitié et d’humanité rare. 287 pages de sujets d’actualité traités avec une touche d’humour et de légèreté qui n’en font que plus ressortir leur profondeur.

Mais avant tout Daniel Pennac nous parle d’amour, de tous ces amours
possibles qui se croisent et se lient, des amours fusionnels aux amours
fraternels : une ode à la tolérance pleine d’humour et de joie de vivre.
J’entends le rire de Julia :  » tu ne posséderas jamais rien en propre
Benjamin Mallaussène, même pas tes colères. « . Puis un peu plus loin
dans la nuit :  » et voilà que moi aussi je te veux; Comme porte-avions,
Benjamin. Tu veux bien être mon porte-avions ? Je viendrais me poser de
temps en temps, refaire mon plein de sens. » Pose-toi ma belle, et
envole-toi aussi souvent que tu le veux, moi, désormais, je navigue dans
tes eaux.
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