Interférences de Connie Willis : Hyper connexion et sur communication au menu

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Après ma dernière lecture, j’avais envie de découvrir un nouvel auteur ou autrice et lorsque NetGalley en partenariat avec les éditions Bragelonne a proposé le dernier livre de Connie Willis à paraitre en France, j’ai eu envie de tenter l’expérience avec cette autrice que je connais de nom mais que je n’avais encore jamais lu. J’ai donc pu lire Interférences de Connie Willis, livre entre la SF et le roman contemporain.
Interférences de Connie Willis paru aux éditions Bragelonne

Dans un futur pas si lointain, une
intervention chirurgicale a été mise au point pour améliorer l’empathie
dans le couple. Tous les amoureux en rêvent. Briddey Flannigan se
réjouit quand Trent, son petit ami, lui propose cette opération avant
leurs fiançailles : leur lien émotionnel s’en trouvera renforcé et la
communication n’aura plus de secrets pour eux. Mais les choses ne se
déroulent pas tout à fait comme prévu : bien malgré elle, Briddey se
retrouve connectée à quelqu’un d’autre.

C’est plus qu’elle n’en
peut supporter, surtout avec le stress déjà engendré par une famille
obsédée par la communication, de jour comme de nuit. Mais ce n’est qu’un
début. Alors que la situation empire, Briddey commence à prendre
conscience des inconvénients d’un excès d’informations. Elle comprend
alors que l’amour – et la communication – s’avèrent bien plus
complexes qu’elle ne l’imaginait…

Le début d’Interférences place le lecteurs dans un monde peu éloigné du notre. Nous nous retrouvons dans une société où tout le monde est hyper connecté et le personnage principal Briddey Flannigan en est « une victime ». Avec deux sœurs et une tante très très présentes dans sa vie, Briddey est littéralement harcelée par ses proches au point que le moindre appel raté provoque une pluie de messages et d’autres appel voire une visite impromptue aussi bien chez elle que sur son lieu de travail. Autant dire que moi j’aurais déjà déménager loin, loin… Cependant, malgré une famille plus qu’encombrante, Briddey a de quoi être heureuse, elle sort avec le célibataire le plus en vue de l’entreprise de télécommunication où elle travaille et celui-ci lui a fait une proposition dont toutes les filles rêvent : avoir recours à une AEC pour eux deux. L’AEC est une nouvelle opération du cerveau qui permet à deux personnes de ressentir les émotions de l’autre. Pour Briddey se sera le prélude à leurs fiançailles, un seul problème… comment l’annoncer à sa famille ?

Connie Willis nous propose avant tout un récit contemporain. J’adore les petites touches de culture pop parsemées dans le livre avec des mentions à Kim Kardashian, Raiponce et les films de zombies. Cela permet de placer un récit SF / Fantastique proche de notre mode de vie actuel tout en dénonçant les dérives de notre société.

Le début de ce roman a été assez déroutant pour moi, voire étouffant… ce qui est clairement le but de l’autrice : dénoncer la sur-communication et l’hyper connexion de cette société mais aussi le fait que cette connexion constante ne permet pas au gens de mieux communiquer, juste d’être noyé sous l’information, la rumeur tout en perdant un temps immense à essayer de gérer ce flot constant. J’avoue j’ai eu un peu de mal avec le début du récit, et surtout avec le monde de Briddey que j’ai juste trouvé invivable. De plus, l’histoire commence assez lentement et tout la première partie du récit manque un peu de rythme, ce qui n’aide pas le lecteur à se plonger dans cette univers mais avec pas mal de réticence pour ma part… ca fait froid dans le dos autant de communication !!

– C’est ce que je fais, se défendit-il. Commspan promet la même chose : plus de communication. Mais ce n’est pas ce que les gens veulent ! Ils sont déjà bien plus sollicités : ordinateurs portables, smartphones, tablettes, réseaux sociaux… Ils sont connectés en permanence. Et, tu sais, en ce qui concerne les relations amoureuses, être trop connecté peut poser un problème. Les amoureux ont besoin de communiquer moins, et non davantage.
– N’importe quoi.
– On parie ? dans ce cas, pourquoi chaque fois qu’on dit : « il faut qu’on parle », ca se finit mal ? Toute l’histoire de l’évolution est fondée sur nos efforts pour empêcher la transmission d’informations : camouflage, homochromie, encre projetée par les pieuvres, mot de passe cryptés, secret d’entreprise, mensonges. Oui, le mensonge, surtout. Si les gens voulaient réellement communiquer, ils diraient la vérité, mais ils ne le font pas.

Cependant, l’écriture de l’auteur est fluide ce qui aide à passer ce premier cap. La seconde partie du récit nous accroche plus, même si, là encore il y a pour moi pas mal de défauts. Tout d’abord, j’ai vraiment du mal à comprendre les réactions de l’héroïne qui pour moi ne sont pas vraiment crédibles. Ensuite, on a parfois l’impression que l’on tourne en rond, Briddey se pose une montagne de questions parfois légèrement hors propos, un autre personnage passe trois pages à lui expliquer que  » non elle ne doit pas s’inquiéter, ils ont un plan, tout va bien se passer » pour que seulement deux pages plus loin, elle recommence à paniquer sur les même problèmes : comment dire… ça m’a quelque peu agacé. Mais le rythme est plus soutenu et les rebondissements de l’histoire permettent de garder le lecteur en haleine… jusqu’au dénouement final qui est franchement le passage le plus réussi du livre même si on le voit plus ou moins arrivé de loin.

On passe tout de même un bon moment avec Interférences. L’histoire de l’opération permettant de ressentir les émotions de son conjoint est assez fun surtout quand celle-ci dérape sur des effets plutôt indésirables. Après, le récit manque un peu de peps mais les personnages finissent par être attachants, surtout le nièce de Briddey : la petite fille de 9 ans fan de Raiponce et de zombies, ça m’a bien fait rire. Un livre léger qui touche des thèmes intéressants mais sans les traiter à fond, de la SF light en somme qui pourra plaire au plus grand nombre… sauf peut être aux fans de SF plus travaillée justement.


Un livre sympathique avec des thèmes abordés intéressants mais qui manque un peu de profondeur et de peps pour être vraiment accrocheur… on passe un moment lecture sans prise de tête avec pas mal d’humour et d’autodérision mais avec un petit quelque chose qui manque… soit de la chaleur entre les personnages soit de la profondeur dans les thèmes abordés pour être vraiment inoubliable. En bref, un livre pas vraiment pour les amateurs de SF, il me semble, mais qui saura plaire aux lecteurs qui aiment les romans contemporains saupoudrés d’un brun de SF et de Fantastique !


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7 thoughts on “Interférences de Connie Willis : Hyper connexion et sur communication au menu

    1. Ce roman m'a un peu fait penser aux livres de Sophie Kinsella très girly avec des personnages féminin assez fantasques… Du coup je pense effectivement que ce ne sont pas les lecteurs de SF "habituels" qui sont visés.

    1. Il va falloir que j'en lise un autre de l'auteur. Je pense que celui là n'est peut être pas très représentatif de son style…

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