La légende des plumes mortes de Maëlig Duval : court récit entre SF et Fantasy

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Géphyre édition est une nouvelle maison d’édition qui a déjà trois livres publiés à son actif. « A la frontière des genres, des ponts dans l’imaginaire » voilà comment se présente cette maison d’édition qui a un statut associatif. Vous pouvez retrouvez toutes les informations sur Gephyre édition et ces publications sur le site : https://www.gephyre.com/.
Personnellement, j’ai reçu en SP un des nouveaux titres : La légende des plumes mortes de Maëlig Duval. Je suis toujours enthousiaste à l’idée de découvrir une nouvelle autrice et son univers ! Ce texte est une version revue et enrichie du texte l’Après-Dieux paru aux éditions Griffe d’encre en 2012.

Les dieux ont disparu, entraînant le décès des humains qui leur étaient
le plus liés, la guerre civile et l’apparition d’une nouvelle mort.
Dans cette société en reconstruction sous la férule d’un gouvernement
totalitaire, Albert, fonctionnaire, établit des rapports sur les lieux à
restructurer. Parfois, il se souvient des dieux, mais hésite à en
parler, même à sa maîtresse, sous peine d’être soupçonné de sédition.
Jusqu’au jour où il rencontre Eva qui raconte les légendes proscrites à
son fils. Lequel est persuadé d’être destiné à sauver les dieux.
Un enfant, si différent soit-il, aurait-il le pouvoir de changer le monde ?
Dans un monde qui se relève à peine d’une guerre civile qui a divisé et affaibli la population, nous rencontrons Albert, petit bureaucrate d’un gouvernement passé de libérateur à oppressif. Lorsque les Dieux ont disparu, les humains se sont retrouvés perdus et Albert en est le parfait exemple. A la fin de la guerre, il a rejoint la nouvelle administration et depuis se noie dans le travail pour oublier que sa vie n’a plus de sens. A la disparition des Dieux, les humains sont devenus stériles, ont perdu leurs guides mais surtout leur raison de vivre. Alors cette nouvelle époque essaye de compenser ces pertes et de forcer les populations à aller de l’avant. Albert est en charge de l’évaluation des travaux nécessaires pour raser une ville abandonnée depuis la guerre afin d’y construire un centre de maternage présenté comme l’avenir de l’humanité. Mais à son arrivée à Vérance, Albert se rend compte que le village n’est pas complètement abandonné et c’est à partir de là que son monde va de nouveau basculer.
Maëlig Duval nous propose avec La légende des plumes mortes, un récit à la frontière entre la Science-Fiction et la Fantasy. Les premières pages m’ont fait pensé à une dystopie mais nous ne sommes pas sur Terre. De la fantasy alors ? Oui peut être ou alors de la SF… en tout cas nous découvrons une humanité qui vivait en symbiose avec ses « Dieux » et qui de manière brutale se retrouve seule et désœuvrée. La plume de l’autrice est très douce et nous fait découvrir avec une certaine pudeur cette humanité amputée d’une part d’elle même et qui essaye malgré tout d’aller de l’avant. Le personnage d’Albert tout en sensibilité et vulnérabilité, est très intéressant à suivre. Tout comme celui d’Irène qui de révolutionnaire convaincue est devenue une femme de fonctionnaire qui postule au centre de maternage. L’ironie d’une vie devenue vide.
Après le diner, Eva glissa entre les mains d’Albert un stylo et un cahier d’écolier dont on avait arraché les pages utilisées.
« Ecris3, murmura-t-elle.
Il baissa les yeux vers les pages lignée de violet. Que voulait-elle qu’il écrive ? Il déboucha le stylo, puis resta avec la main en l’air.
Elle l’avait tutoyé pour la première fois.
Georges se glissa près de lui et battit des mains :
« Oh oui, écris, Albert ! Ecris, mon légendier! »
La légende de Georges le héros. Bien sûr. Albert se pencha sur le cahier. Il percevait l’attention du garçon à ses cotés. Alors, il dessina les lettres lentement, avec beaucoup de concentration.
Moi, légendier
J’apprécie de plus en plus le format court. Un auteur qui arrive à nous faire investir son univers efficacement en 200 pages environ, je trouve cela rafraichissant et idéal pour faire fonctionner mon imagination différemment d’un univers dense décliner sur plusieurs tomes de plus de 400 pages. Pour la légende des plumes mortes, Maëlig Duval a très bien réussi son immersion et avec un récit qui joue sur les ressemblances avec notre monde tout en distillant des différences plus ou moins profondes, on arrive à une lecture dépaysante et captivante. Pour moi le récit n’a qu’une seule faiblesse : la fin. Je m’attendais à un final avec plus de « Sense of Wonder » notamment sur cette relation homme / dieu et j’ai été surprise par une fin un peu trop brutale pour moi. Ce qui n’a cependant pas gâcher l’histoire dans son ensemble qui m’a fait passer un très bon moment de lecture. J’avoue que le coté complètement anti-héros d’Albert y est pour beaucoup.
Au final, un récit immersif entre Fantasy et SF qui m’a beaucoup plus. Une belle rencontre aussi avec la plume de Maëlig Duval que j’ai trouvé attirante et tout en finesse. La légende des plumes mortes est un récit court plein de charme qui sait plaire au lecteur par son coté étrange dans ses ressemblances avec un récit dystopique et par ces questionnement sur une humanité en quête de sens à son existence. 
Je rajouterai que l’objet livre est très beau. Même si je suis une lectrice très attachée aux illustrations de couvertures, j’ai apprécié le travail d’édition réalisé ici avec un livre dont la couverture est en papier épais en relief et tout en simplicité.

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2 thoughts on “La légende des plumes mortes de Maëlig Duval : court récit entre SF et Fantasy

  1. c'est une belle participation pour le challenge. J'apprécie en fonction des périodes les formats courts également. Même davantage qu'avant étant devenue plus exigeante dans le contenu et la qualité des livres pavés.

    1. C'est pareil pour moi, je veux bien lire des pavés mais il faut que la qualité soit au rendez-vous sinon je me lasse de ces livres qui n'en finissent pas.
      C'est avec ce challenge l'année dernière que j'ai repris gout au format court et j'avoue que je prends beaucoup de plaisir à cette longueur de récit 😉

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