Dévoreur de Stefan Platteau

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Je viens de faire une entrée par la petite porte dans l’univers narratif de Stefan Platteau et de son Les sentiers des astres. L’envie de découvrir une nouvelle plume sans me lancer dans une saga m’a poussé vers les novellas écrites pas l’auteur dans le même univers. Vive les formats courts 😉 Je vais donc vous parler dans cette chronique de Dévoreur, recueil de deux novellas de Stefan Platteau paru chez J’ai Lu Imaginaire au format poche (et j’ai les Moutons Électriques en grand format).

Vidal Silarius, brave éleveur d’ânes des monts de soufre, est un bon
père et un camarade fidèle. Mais lorsqu’un astre s’embrase au-dessus de
sa demeure, l’homme se met peu à peu à changer, sous les yeux horrifiés
de ses enfants et de son amie Aube. La lumière néfaste du Dévoreur est
en train d’accoucher d’un monstre… Jusqu’où Aube est-elle prête à
aller pour le ramener parmi les humains? Conte sanglant dont la
puissance d’évocation symbolique n’a d’égal que la justesse stylistique,
Dévoreur, ici précédé du Roi cornu, nous conduit vers des lieux
inexplorés de l’univers des Sentiers des astres.

Ce recueil est composé de deux novellas : Le roi cornu et Dévoreur.

Le roi cornu est une novella d’environ 80 pages. L’histoire du Roi Cornu se déroule 1000 ans avant Manesh, premier tome du cycle Les sentiers des astres. Le récit commence par le combat entre deux prétendant au trône des Firewanes. Un combat à mort entre deux héritiers qui doit se dérouler sous l’influence des Astres. Un récit qui raconte le sauvetage d’un peuple par son nouveau roi. Un peuple acculé par un ennemi innombrable et intraitable, entre des montagnes stériles et la mer infinie.

Le roi cornu est raconté telle une légende, le reflet d’un passé lointain. Petite fenêtre entrouverte sur l’histoire des Firewanes, un récit qui a, je trouve, des ressemblances dans le style avec les contes et légendes inachevées de JRR Tolkien.

L’assemblée fit silence; les bardes bruissèrent leur reconnaissance, car Evonwë venait de leur offrir un récit perdu depuis longtemps, même pour les plus sages d’entre eux. Pareil trésor ne se révèle pas tous les jours.

La seconde novella : Dévoreur fait environ 180 pages. Pour ce récit, Stefan Platteau change de ton et nous propose un récit plus fort dont les thèmes résonnent de manière parfois désagréable avec nos peurs d’enfants… et de parents.

Dans les alpages du Mont Carmin, près de la ville de Pélagis, Peyr Romo vit avec sa femme Aube et ses deux enfants. Comme à chaque début de printemps, Peyr, qui est mage doit s’absenter pour se rendre à la cours du comte de Torkharin et il sera absent jusqu’à la fin de l’été. Il laisse donc sa femme et ses deux enfants à la maison mais c’est qu’il peut compter sur sa femme et sur le support de leur voisin : Vidal Silarius éleveur d’ânes qui élève seul ses deux filles et est un de leur meilleur ami. Mais une fois que Peyr est parti, les choses prennent une tournure étrange avec la présence d’une nouvelle étoile dans le ciel nocturne, Kiarvathi surnommé le dévoreur. Alors Aube voit Vidal changer, devenir distant et renfermé, fasciné qu’il est par la lueur de l’étoile rouge. Sera-t-il possible pour elle de soustraire Vidal à l’influence du Dévoreur ? ou la terreur va-t-elle de nouveau faire surface dans les alpages ?

Ce récit ressemble a un conte. Un de ses contes qu’un brillant narrateur raconterait au coin du feu dans une auberge pour faire peur aux enfants tout en s’adressant finalement plutôt aux parents. C’est une récit qui prend aux tripes avec la peur qui montent crescendo au fil des pages, un de ses contes horrifique qui quand vous l’avez achevé continue à vous donner des frissons. Personnellement, je ne suis pas sortie indemne de ma lecture et certains passages restent bien gravés dans mon esprit. Surtout la fin d’ailleurs, comme une morale où les parents voient leurs pires angoisses se révéler.

La plume de Stefan Platteau est clairement un plume de conteur, je lui trouve des petites ressemblances avec celle de Tolkien, dans mon expérience de lecteur tout du moins. Une plume poétique qui nous permet de naviguer dans le récit, agréable et même lumineuse.

Voilà pourquoi notre humeur est vulnérable à la lueur des astres : parce qu’en descendant sur nous, les esprits astraux stimulent les antiques éclats fichés dans nos cœurs, et que chacun de ces éclats tend à nous faire agir d’une façon qui dépasse notre vouloir et notre raison. Ils sont les forces primitives tapies dans l’âme humaine ; et si ceux des astres fastes nous poussent à aimer, rêver ou créer, ceux des astres néfastes allument en nous rancœur, colère et angoisse.

Au final, une très bonne lecture. J’ai préféré la novella Dévoreur à celle du Roi Cornu, qui d’ailleurs parlera peut être plus à ceux qui ont lu Manesh. Dévoreur est un magnifique conte horrifique qui vous donne des frissons et sait parler à nos peurs d’enfants mais aussi de parents. Pour moi un très belle découverte avec la plume de Stefan Platteau !

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4 thoughts on “Dévoreur de Stefan Platteau

    1. C'est une plume très poétique et visuelle, j'ai beaucoup aimé la découvrir de cette manière. Après c'est vrai que j'aime beaucoup les nouvelles 😉
      Mais je suis sure que son cycle du Sentier des astres vaut le détour, en plus il va y avoir une nouvelle éditions chez Les moutons électriques avec de très belles couv' !

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