American Elsewhere de Robert Jackson Bennett

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Ça y est les trois premiers livres d’Albin Michel Imaginaire peuvent se trouver chez tous les bons dealers de livre ! Albin Michel Imaginaire m’ayant permis de lire American Elsewhere de Robert Jackson Bennett en avant-première, je peux d’ors et déjà vous donner mon avis sur ce roman qui fait beaucoup parler de lui dès sa sortie !

Veillée par une lune rose, Wink, au Nouveau-Mexique, est une petite
ville idéale. À un détail près : elle ne figure sur aucune carte. Après
deux ans d errance, Mona Bright, ex-flic, vient d’y hériter de la maison
de sa mère, qui s’est suicidée trente ans plus tôt. Très vite, Mona s’attache au calme des rues, aux jolis petits pavillons, aux habitants qui
semblent encore vivre dans l’utopique douceur des années cinquante.
Pourtant, au fil de ses rencontres et de son enquête sur le passé de sa
mère et les circonstances de sa mort (fuyez le naturel…), Mona doit se
rendre à l évidence : une menace plane sur Wink et ses étranges
habitants. Sera-t-elle vraiment de taille à affronter les forces
occultes à l’œuvre dans ce lieu hors d Amérique ?

Bienvenue à Wink cher lecteur, petite ville calme du Nouveau-Mexique. Un petit coin de paradis difficile à atteindre, car il ne figure sur aucune carte officielle, à tel point que tout le monde semble ignorer cette ville, même le fisc américain c’est dire ! Mais Mona Bright, ex-flic, qui vient d’hériter de la maison de sa mère à Wink est bien décidée à atteindre la ville et à découvrir qui était sa mère avant que celle-ci s’installe au Texas et ne devienne cette femme schizophrène, effrayée par le monde extérieur. A Wink, Mona va découvrir une bourgade qui pourrait servir de modèle au rêve américain des années 50, mais au-delà de cette image de ville utopique, les coins sombres de Wink semble bruirent à la nuit tombée et les habitants savent que, dans ce cas là, il vaut mieux rester chez soi et surtout, surtout ne pas regarder ce qui se balade aux abords des bois. Mona, elle, n’est pas de Wink et le comportement des habitants heurte ses instincts de flic mais fouiner à Wink, est ce vraiment une bonne idée ?

À Wink, aucun automobiliste ne dépasse les 50 km/h. Les voitures
glissent dans les rues des lotissements aussi doucement que des gouttes
de pluie sur une fenêtre. Il n’y a aucune raison de se presser ; rien
n’est vraiment loin et aucun problème n’est véritablement urgent. Si
vous êtes en retard, tout le monde se montre compréhensif. 

J’attendais avec impatience ce roman dont j’avais l’intuition qu’il ne pouvait que me plaire, en plus, il faut avouer, j’aime beaucoup la couverture d’Aurélien Police ! Dès qu’il est arrivé, j’ai tout de suite mis mes lectures en cours de coté pour commencer mon immersion dans l’Amérique profonde et premier constat, il est très très dur de reposer ce livre une fois qu’on l’a commencé ! Les presque 800 pages d’American Elsewhere, je ne les ai pas vu passer : ce livre est avant tout un très bon page turner. A mon avis, c’est en parti dû à un récit qui monte crescendo en tension mais aussi parce que Robert Jackson Bennett manie très efficacement le changement de point de vue tout au long de ce livre pour nous faire partager l’histoire de Wink à travers un nombre assez impressionnant de personnages. Ainsi le récit avance à partir de multiple points de vue où le bizarre se mêle à l’étrange pour former une fresque qui se découvre comme un puzzle : pièce par pièce.

Il y a, dans Wink, certaines maisons dans lesquelles on ne voit jamais personne entrer, et pourtant la pelouse est tondue, les arbres taillés, les parterres bien entretenus et en fleurs. Parfois la nuit, pour peu que vous regardiez – bien sûr, vous n’en ferez rien -, vous verriez des visages pâles apparaitre aux fenêtres noires.

A Wink, rien ne change, rien n’évolue… la ville est comme figée dans le temps et chacun s’attèle à ce que cela reste ainsi. La ville semble coincée dans un après-midi d’été perpétuel où il fait bon regarder un match de baseball ou prendre un thé glacé à l’ombre d’une véranda, mais à Wink il y a aussi des zones interdites et des coins sombres dont personne n’a envie de parler et puis il y a la mesa et Le Labo… Moi ça me rappelle la petite ville d’Eurêka dans la série du même nom, le coté bon enfant en moins 😉 Robert Jackson Bennett a placé son récit à la frontière de ceux de Stephen King et de H. P. Lovecaft et nous propose une sorte de huis-clos entre étrangeté et secret d’état. L’auteur nous plonge au cœur d’un récit SF extrêmement bien mené.

Le seul défaut que je mentionnerai pour ce livre est l’absence de zones d’ombres lorsque l’on a terminé le livre : un défaut pour moi qui sera surement un atout pour beaucoup d’autres. Mais j’ai envie de dire peu importe la fin, seul le chemin compte ! Car ici c’est bien le cas, Robert Jackson Bennett en conteur de talent, tisse les fils de son récit de main de maitre et c’est la tension qui monte crescendo et les secrets qui se dévoilent petit à petit qui font d’American Elsewhere un livre qui happe son lecteur dès les premières pages pour ne plus le lâcher ensuite. La fin finalement n’est que le point culminant d’un récit où drame, horreur et thriller se mélange efficacement et, il faut bien le dire, très intelligemment. On y retrouve un trait que j’aime beaucoup dans les récits de Lovecraft : la suggestion plutôt que des scènes sanglantes ou macabres qui révèlent un peu tout en laissant l’imagination du lecteur combler les interstices.

Il est un type d’obscurité particulier qu’on ne peut imaginer tant qu’on n’y est pas plongé. Des ténèbres si profondes et totales qu’elles vous font douter d’avoir jamais vu la lumière, et de l’existence du monde même…

Au final, American Elsewhere a tenu ses promesses et j’ai passé un excellent moment de lecture avec mon pavé (779 pages exactement). Des chapitres courts, des points de vue multiples, un récit construit avec intelligence et un savoir faire de conteur qui fait de ce  livre de Robert Jackson Bennett, un page turner efficace et une lecture addictive. Il en ressort pour moi, une envie de découvrir les autres livres de l’auteur qui sait efficacement jouer de ses influences tout en construisant un récit original et créatif. Albin Michel Imaginaire frappe fort pour ses premières sorties et franchement mon petit cœur de lectrice approuve !

Tout bon Texan, au fond de son cœur, est persuadé que n’importe quel
problème peut être résolu par l’emploi d’une arme de gros calibre.

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14 thoughts on “American Elsewhere de Robert Jackson Bennett

    1. Il devrait mettre un nouveau bandeau "attention cette lecture peut entrainer une addiction sévère à la lecture" xD

  1. Bonjour,
    Une petite précision : American Elsewhere n'est pas le premier roman de Robert Jackson Bennett traduit en français. Mr Shivers a été publié en 2011 chez Eclipse, puis réédité en 2013 chez Panini.
    noosfere.org/livres/EditionsLivre.asp?numitem=32851&ti=1&numauteur=2147190666

  2. C'est le titre qui me fait le plus envie pour le moment (avec Anathem mais j'ai pas le cerveau pour en ce moment), merci d'ajouter ta pierre à l'édifice des avis enthousiastes ^^

    1. Je n'ai pas fait dans l'originalité 😀 Mais un bon page turner entre king et lovecraft… ben c'est vraiment top à lire 😉

  3. Wink, ville parfaite ! Enfin sauf la nuit… Je partage tout à fait ton avis concernant les zones d'ombre. Un livre, dans le genre fantastique, avait justement tous les droits pour en laisser quelques une (c'est presque attendu par les lecteurs).

    1. On est d'accord 😄
      Après je pense que ça pourra plaire aux lecteurs moins habitués aux lectures SFFF de tout savoir à la fin 😉

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