La forêt des araignées tristes de Colin Heine

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Comme chaque années, les Indés de l’Imaginaire ont sortis en début d’année trois livres estampillés « Pépites de l’imaginaire ». Personnellement, j’ai eu l’occasion, grâce aux éditions ActuSF, de découvrir leur roman « Pépite de l’imaginaire 2019 », le premier roman de Colin Heine : la forêt des araignées tristes. On pourra noter la magnifique couv’ de Dogan Otzel <3


Bastien est paléontologue : sa spécialité ? Étudier les créatures
étranges qui naissent de la vape, ce mystérieux brouillard aux
propriétés énergétiques extraordinaires qui a recouvert le monde et
menace de l’engloutir un peu plus chaque jour. Tour à tour victime d’un
dramatique accident en apparence banal duquel il réchappe de justesse et
témoin d’un attentat, où sa survie ne tient à nouveau qu’à un fil, il
voit son destin basculer. Le voilà pris dans l’engrenage d’une affaire
d’espionnage d’envergure internationale, sous les feux croisés d’une
société secrète d’assassins, de brutes armées et d’une agence de
détectives aux méthodes douteuses. Sans compter qu’une créature
cauchemardesque, tout droit venue des Vaineterres, ces zones perdues
dans un océan de vape, semble bien décidée à lui faire la peau…
Un monde qu’un étrange brouillard recouvre presque en totalité. Un monde où les humains ne vivent que dans les poches libres de vape. Ce brouillard n’est pas fortuit, c’est les machines humaines qui le produisent. Dans ce monde, toutes les machines marchent à l’aide d’un minerai l’ignium qui par sa combustion produit de la vape… indispensable donc même si ainsi l’espace vital des humains est réduit et que dans la vape de nombreuses créatures guettent. Dans cet univers propice aux mystères, nous rencontrons deux personnages très différents : Bastien, naturaliste de salon qui étudie les créatures issues de la vape et Ernest, explorateur pour une grand compagnie et fournisseur, sous le manteau, de spécimen pour Bastien. D’autres personnages vont ensuite venir s’ajouter au récit notamment féminins mais ce sont ces deux personnages que nous allons suivre tout le long du roman.

On recouvra ses esprits. On réalisa qu’on était toujours là. Et que le monde avait en partie disparu. La brume qui s’était abattue partout ou presque, coupant les villes les unes des autres et engloutissant des régions entières, devait être à l’origine de la catastrophe.

Un univers steampunk réussi…

La forêt des araignées tristes est un roman steampunk avec un univers particulièrement réussi. Ce brouillard source de mystère envahi peu à peu le monde sans se soucier des frontières… les humains s’adaptent : villes verticales dont les piliers sont reliés par des trams aériens, voyage en ballon dirigeable au dessus des nuages de vape, déplacement en gargouille… les Hommes s’adaptent tout en continuant à produire toujours plus de vape. Une ambivalence que ne peut pas rater le lecteur mais qui ne semble en aucun cas titiller les personnages du récit… apparemment là n’est pas la question du récit. Colin Heine ne fait que survoler son univers qui semble pourtant très riche et la touche mystérieuse de cet environnement caché par la vape est très sympathique.

Mais une intrigue qui manque de cohérence

Malheureusement, si j’ai vraiment apprécié l’univers créé par Colin Heine, je n’ai en revanche pas réussi à rentrer dans le récit en lui-même. A la base, l’histoire présentée est attrayante, plusieurs incidents se produisent à Gale, chaque fois Bastien est présent… coïncidence ou conspiration ? De son coté, Ernest est forcé d’embarquer un espion lors de sa nouvelle expédition, espion à la recherche de quelque chose perdu dans les Vaineterres… Tout cela semble propice à un récit plein de suspense entre roman d’espionnage et d’aventure, et c’est ce que j’ai pensé pendant le premier tiers du livre. Mais ensuite, j’ai eu l’impression de me faire trimballer d’un personnages à l’autre, d’une situation à une autre sans trouver de véritable fil conducteur.

Pour moi, l’intrigue manque de cohérence : au fur et à mesure des pages, j’ai eu du mal à suivre la trame du récit. Je me suis perdue dans le milieu du deuxième tiers du livre et ensuite je n’ai pas réussi à raccrocher suffisamment les wagons pour prendre plaisir à la fin de ma lecture. Et pourtant, la plume de Colin Heine est agréable et les personnages intéressants. Personnellement j’ai beaucoup aimé le personnage d’Agathe la gouvernante qui a les pieds sur terre et qui sait prendre les choses en main quand il le faut. Tout comme celui d’Ernest qui part au loin explorer les terres recouvertes de vape mais qui a à cœur la sécurité des hommes sous ses ordres.

– La Lupanie et la vape qui l’entoure, c’est autre chose, rétorque Ernest sans chercher à masquer le peu de cas qu’il fait de l’expérience de Hargne. Les Vaineterres, ça ne se maitrise pas comme ça. Si c’était le cas, il y a longtemps que la Gale ou l’Anglésie s’en seraient emparés. Aux dépens de la Germanie, d’ailleurs, qui nous créerait aujourd’hui beaucoup moins d’ennuis. […] Je ne sais d’ailleurs pas, dit-il en retournant s’asseoir, si on les maitrisera un jour vraiment. Là où nous allons, la vape est omniprésente.

Au final, il y a clairement des points forts dans ce roman : beaucoup de bonnes idées et un univers steampunk intéressant. Cependant, je n’ai pas réussi à me faire happer par le récit et je me suis même perdue dans les méandres du scénario avant la fin du livre. Une petite déception donc… j’aurais tendance à dire dommage car l’univers de Colin Heine mériterait d’être plus approfondi.

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8 thoughts on “La forêt des araignées tristes de Colin Heine

  1. Même son de cloche de mon côté ! Un univers attrayant pour une intrigue qui se disperse et perd son lecteur :/ Mais l'auteur a un bon potentiel et j'apprécierais de voir son évolution au cours du temps !

    1. Complètement d'accord avec toi ! Je pense qu'on a les défauts d'un premier roman (un peu comme pour la cité de l'orque) mais que Colin Heine est tout de même un auteur à suivre 😉

    1. J'avais lu ta chronique ^^ Tant mieux si tu l'as plus apprécié que moi, je trouve ça plus intéressant quand on a pas tous le même ressenti 😉

  2. J'avais rejoins l'avis de Zina, ça reste un bon divertissement dans un univers superbe, malgré quelques bémols dans l'intrigue. Dommage que tu n'ais pas apprécié mais c'est compréhensible 🙂

    1. Je suis d'accord pour l'univers mais c'est vrai que je n'ai pas réussi à accrocher à l'intrigue… ça n’empêche pas que je serais curieuse de lire le prochain livre de l'auteur 😉

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