BIOS de Robert Charles Wilson

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Je voulais découvrir depuis un moment l’auteur Robert Charles Wilson qu’un certain chroniqueur canin m’avait chaudement recommandé. C’est pour cela que quand les éditions ActuSF ont sorties une nouvelle éditions de BIOS, j’ai sauté sur l’occasion pour découvrir l’auteur canadien et comme en plus la couverture de Cyndi Canévet était superbe, (mode superficielle ON) je me suis dit qu’il ferait très joli dans ma bibliothèque (mode superficielle OFF).

Situé à quelques années-lumière de la Terre, Isis est un monde verdoyant
à l’écosystème complexe. Un monde classé zone de biomenace de niveau 4.
La moindre molécule de son biotope est capable de tuer un être humain
au terme d’une terrifiante agonie. Et pourtant, Isis constitue la
découverte la plus prometteuse de ce XXIIe siècle : berceau d’une vie
fondamentalement différente, elle pourrait en miroir éclairer notre
propre nature. Zoé Fisher a été conçue pour explorer Isis. Son organisme
a été génétiquement optimisé pour s’adapter à l’environnement
inhospitalier de cette planète ; sa personnalité patiemment construite
autour de cette seule mission. Quels dangers imprévus Zoé
affrontera-t-elle sur cette planète grandiose et meurtrière ?
Devra-t-elle sacrifier son humanité pour en découvrir tous les secrets ? 

Un nouveau monde plein de vie mais mortel pour l’homme : Isis a tout du paradis interdit. C’est une planète luxuriante mais où aucun humain ne peut poser le pied sans une lourde combinaison qui le maintienne complètement isolé de la biosphère de la planète. Et comme l’humanité aime les défis et qu’il y a toujours des profits à faire, plusieurs équipes scientifiques travaillent depuis quelques années sur Isis. Bien que les protocoles expérimentaux soient très strictes, les découvertes se révèle passionnantes sur une biosphère bien plus ancienne que celle de la Terre. Isis est donc le laboratoire grandeur nature que les scientifiques rêvent de découvrir. Zoé Fisher va arriver sur Isis alors que les différents postes avancés de la planète rencontrent de nombreux problème. Pour Zoé, c’est le début de la mission de sa vie, ce pour quoi elle se prépare depuis des années voire même la mission pour laquelle elle a été créée mais pour les autres scientifiques et pour les administrateurs de la station orbitale

Les jours sur Isis duraient en moyenne trois heures de plus que sur Terre, et son inclinaison axiale moins prononce rendait ses saisons plus douces. Le soleil planait au-dessus des montagnes de Cuivre quand Hayes, enfermé dans l’imposant volume de la bioarmure, sortit de Yambuku. La forêt alentour se remplissait déjà d’ombres denses; le long crépuscule d’Isis débuterait dans une petite heure. Autour de la station, on avait brûlé ou assaisonné d’herbicides longue durée une large bande de terrain pour la débarrasser de sa végétation. Le cœur et les quatre anneaux coaxiaux de Yambuku étaient enchâssés dans ce désert noir telle une perle tombée à terre.

Robert Charles Wilson nous propose un Planet Op’ à la limite des genres entre thriller, dystopie et Hard SF. Le thème principal du roman est le premier contact abordé de manière originale puisque ici il n’y a pas d’extraterrestre à proprement parler mais une planète où la plus petite cellule semble travailler de paire avec toutes les autres formes de vie. C’est d’ailleurs Isis le personnages principal de ce roman : mystérieuse, étrange et intouchable, c’est à la fois le grand méchant loup et la friandise interdite. L’auteur prend plaisir à nous faire découvrir ce monde qui se montre à la fois beau et intraitable.

D’un autre coté, l’auteur nous présente une société humaine dystopique où le pouvoir commercial et politique est aux mains de quelques familles et de trusts. Une société du profit et des conflits commerciaux entre grandes puissances. On ne fait que deviner la situation sur Terre mais on y entrevoit une société diviser entre ceux qui ont tout, ceux qui en dépendent (la castration étant une démarche pour démontrer sa loyauté aux familles) et les laissés pour compte qui me fait penser à la société décrite dans Lazarus de Rucka/Lark : familles/serfs/déchets. Pas la société la plus juste de l’univers en sommes.

A la différence de ces barbares des mondes glacés qui constituaient l’essentiel du personnel médical, Nefford comprenait les règles d’une conversation courtoise. Il se montrait amical sans perdre de vue les subtilités de la hiérarchie, révérencieux tout en ne versant presque jamais dans une flagornerie de mauvais gout. Son visage aristocratique et joufflu avait dû lui être très utile lors des loteries professionnelles, sur Terre : même vêtu de sa modeste blouse de médecin, il ressemblait à un cousin des Familles.

C’est un tableau assez sombre d’une humanité en bout de route, qui se dessine sous les yeux du lecteur, tout en nous présentant Isis comme belle et vivante. Le contraste est d’autant plus intense que l’on suit les vaines tentatives des Hommes présents pour comprendre et maitriser cet environnement sauvage et prédateur. Dans ce roman, je dirais que le personnage le plus marquant est Isis et que les autres font un peu pâle figure à coté. Au point qu’à la fin du récit, on oublie plus ou moins tous les autres personnages ne gardant que ce très beau portait d’une biosphère complexe et solidaire. J’ai particulièrement aimé les présentations des différents labos scientifiques et les interactions de la biosphère avec ces installations qui jouent les intruses dans le paysages d’Isis.

Pour un océanologue qui, comme Freeman Li, n’avait jusqu’alors connu que la Terre, les fonds marins d’Isis étaient un mélange sans cesse renouvelé de familier et de bizarre.
Il aurait sans doute reconnu sur toute planète de ce type les coulées de lave en coussins et les cheminées volcaniques en activité – des « fumeurs noirs » qui remplissaient l’océan de bouffées e chaleur et de floraisons de minerai exotique. L’éclairage puissant de son télésenseur benthique révélait l’arc-en-ciel des tapis bactériens qui s’y étendaient aux alentours : des milliers de variations d’unicellulaires thermophiles presque aussi anciens qu’Isis. Cela aussi lui était familier. […]
Sortis de ces points de repères, les fonds marins isiens étaient d’une étrangeté extrême. Des plantes calcifères s’élevaient en tours, en obélisques ou en structures pareilles à des mosquées. Nageant ou se déplaçant entre elles, des vertébrés ou des invertébrés pour la plupart de taille très réduite jetaient des reflets argent ou pastel dans cette lumière insolite.

Au final, j’ai trouvé que BIOS était plutôt un bon Planet Opera écologique qui traite avec originalité le thème du premier contact même si le récit pèche du coté des personnages qui sont franchement peu marquants. Le portrait qui est fait d’Isis et une fin plutôt bien tournée en font une belle lecture SF, je ne sais pas si ce livre est caractéristique de bibliographie de Robert Charles Wilson mais il m’aura donné envie d’en lire d’autres !

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7 thoughts on “BIOS de Robert Charles Wilson

  1. Un premier Wilson, ça se fête, non ?.
    J'ai beaucoup aimé l'attaque de la colonie scientifique, sans gros aliens. Flippant.
    Bios est un peu à part dans sa bibliographie, les autres romans faisant la part belle aux personnages.
    Tu vas continuer avec lequel ?

    1. Tout est bon dans le Wilson, alors…
      Choisis en fonction des thématiques que tu aimes : lechiencritique.blogspot.com/p/bibibliographie-robert-charles-wilson.html

      Comme tu aimes les anticipations et les posts aop, je te dirais bien de jeter un oeil à Julian, pour son côté post apo très atypique.
      Ou Les affinités, une anticipation à la sauce science molle.
      Et puis il y a ses "grands" romans, comme les chronolithes et Spin, mais autant garder le meilleur pour la fin, pour finir en feu d'artifice.

    1. Beaucoup de personnes m'ont dit que ce n'était pas le meilleur de l'auteur mais j'ai trouvé le thème et l'idée développée par l'auteur très bien mené !

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