La ligue des écrivaines extraordinaires : Jane Austen contre le Loup-Garou de Marianne Ciaudo

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A H-36, je continue à vous parler de la Ligue des écrivaines extraordinaires. Le projet Ulule est toujours en route vers les prochains paliers pour ajouter
plein de livres à cette collection pulp 100% féminine. Je vous propose
avec cette article de découvrir un peu plus
les écrivaines qui composent cette ligue extraordinaire. Dans cette
article, nous allons parler de Jane Austen et Marianne Ciaudo.


Rythmé par les sermons dominicaux de son père, le quotidien de Jane a
l’aspect bien réglé d’une feuille à musique entre les visites de la gentry
et les célébrations saisonnières. Quand les moissons s’achèvent, la
petite ville de Steventon se préparerait à s’endormir pour l’hiver si la
découverte d’une enfant à demi dévorée ne bouleversait pas la
population. Un veuf éploré reprenant pied en société, une bonne muette
qui aurait des choses à dire, l’arrivée d’un étranger, des chiens
errants et une sorcière dans les bois, les détails s’accumulent hors de
l’ordinaire et bousculent les habitudes épistolaires de l’écrivaine. Un
deuxième cadavre rongé l’obligera à quitter sa plume pour agir.

Marianne Ciaudo a côtoyé Jane Austen dans sa confrontation avec une des créatures les plus célèbre de l’urban fantasy : le loup-garou . Je lui ai posé quelques questions auxquelles elle a bien voulu répondre (encore merci 😉 ).

Chut Maman Lit : Tout d’abord, une question
un peu bateau : pourriez-vous vous présenter pour les lecteurs qui ne vous
connaissent pas ?
Marianne Ciaudo : Voilà un exercice bien pénible
pour moi. Pour les données factuelles : je suis de genre féminin, née au
milieu des années 70, et je vais à Paris. J’ai traîné mes savates dans les
milieux de la presse et de l’édition. Depuis quelques années, j’ai la chance de
me consacrer à ce qui est vital pour moi : l’écriture et la photo.
CML : Est-ce que vous pourriez
nous parler de votre arrivée sur ce projet et du travail en collaboration avec
votre directrice de collection Christine Luce ?
MC : J’ai été contacté par Melchior
Ascaride en début d’année. Il avait jeté un œil sur un de mes manuscrits et m’a
demandé si j’étais intéressée par la Ligue des écrivaines extraordinaires. Ce
qu’il avait lu de moi était très éloigné du projet et j’avoue que je ne
comprends toujours pas vraiment comment je me suis retrouvée dans cette
aventure ! J’ai été séduite par l’idée de confronter des écrivaines
classiques et connues à des créatures fantastiques. La listes des écrivaines et
de leur Némésis était déjà fixée. Jane Austen était pour moi une évidence.
Quand Christine a pris contact,
nous avons eu une discussion téléphonique. J’avais déjà une idée des
personnages et la façon dont je voulais aborder le thème, mais je butais sur le
monstre, le loup-garou. Elle a dit un truc – que je ne révèlerai pas ici – qui
m’a débloqué. Après, c’était parti. Je lui a fait valider mon synopsis, non sur
sa demande, mais par manque de confiance de ma part. Je suis plutôt architecte
donc j’avais défini mon plan en avance. Il se trouve que pour ce texte, j’ai
bouleversé ma méthode de travail habituelle. Si le cœur de l’idée de départ n’a
pas évolué, j’ai dû beaucoup réduire et simplifier l’intrigue.
CML : Avant de participer à cette
collection, est ce que vous connaissiez Jane Austen et sa bibliographie ?



Oui, sinon je n’aurais pas
accepté. Le délais était très court pour moi. Je suis longue à la détente, j’ai
besoin de lire beaucoup, de digérer. Là, comme je suis loin de ma zone de
confort (à quelques milliards d’années lumières) connaître l’œuvre était
nécessaire. J’avais déjà tout lu, sauf Lady Susan – mais j’ai vu le film. Par
contre, je connaissais très mal la biographie de l’autrice. Heureusement, j’ai
placé mon récit en 1800, quand Jane a 24 ans. Ainsi, j’ai eu un peu moins à
assimiler sur sa vie ! Même si j’ai lu sa bio, travailler avec un
personnage jeune me semblait plus facile.
CML : Comment s’est passé la
rencontre puis la cohabitation avec cette écrivaine extraordinaire ? 
MC : J’avoue avoir eu de grandes
difficultés à saisir le personnage historique. Les sources sont limitées,
contradictoires et subjectives. On ne la connait que par ses échanges
épistolaires, et des 3000 lettres écrites, il n’en reste que 160. Sa sœur a
presque tout brûlé. Je ne lisais pas de roman historique contemporain, il me
manquait donc les outils. J’ai pallié ce manque totalement à l’arrache mais des
lectures m’ont débloquée. Je me suis peu à peu approprié Jane, pour en faire
une version fictionnelle, qui je l’espère, ne trahit pas l’essence de la Jane
historique et la perception qu’en ont ses lectrices.
CML : Avez-vous envie de continuer
l’aventure avec peut-être d’autres récits de la ligue des écrivaines extraordinaires
?
MC : La suite des histoires de la
Ligue va être écrite par d’autres autrices. C’était le deal dès le départ. On
se passe le flambeau. D’ailleurs, c’est l’originalité du projet : une
série qui rassemble des gens habitués à bosser dans leur coin. Là, il y a un
lien qui se tisse. 
Dans mon cas, il s’agit à la
fois de mon premier court roman publié mais aussi de mon premier travail de
commande. Cela fait beaucoup de nouveautés. À cette heure, mon texte doit
encore être corrigé par Christine. Et je vous avoue que j’ai surtout envie de
le lâcher dans la nature et de partir en vacances !

 



La Ligue des écrivaines extraordinaires sur Ulule : Participer !


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