Prix littéraires de l’Imaginaire : quelle place pour les autrices ?

FacebooktwitterredditpinterestlinkedintumblrmailFacebooktwitterredditpinterestlinkedintumblrmail
image_pdfImprimer cet article en pdf

Lors de l’annonce des nominés du Prix Utopiales 2020, Manon du blog Ombrebones a fait une remarque qui m’a interpellée : sur les 5 nominés pour le prix aucun roman n’est écrit par une autrice. Étrange… est ce une mauvaise année pour les autrices européennes de Science-Fiction ? C’est possible. Surtout que dans la liste des nominés pour le prix Utopiales jeunesse, trois autrices sont dans les finalistes. Cependant, quelques jours plus tard, la parution de la liste des finalistes pour le prix Utopiales BD me fait à nouveau tiquer : aucune autrice parmi la sélection… arf.
Cela m’amène à me poser plusieurs questions : est-ce normal en 2020 de n’avoir aucune autrice dans une sélection de prix littéraire adulte ? Est-ce symptomatique du style SF, des littératures de l’Imaginaire, des prix littéraires en général ? Est ce seulement en France ou peut-on constater la même chose dans d’autres pays ?

Voulant approfondir cette réflexion, j’ai fait quelques recherches et je vous propose un article pour discuter sur le thème :

Prix littéraires de l’Imaginaire – Quelle place pour les autrices ?

Les prix littéraires de l’Imaginaire sélectionnés

Pour cette discussion j’ai voulu m’appuyer sur quelques chiffres. J’ai alors passé un certain temps (voire un temps certain) à récupérer des données sur les prix littéraires de l’Imaginaire en suivant plusieurs idées :

  • Avoir des données sur les 20 dernières années. Du récent (car je pense que les littératures de l’Imaginaire ont beaucoup évolué ces dernières années) mais avec suffisamment de données pour que les statistiques soient significatives,
  • S’intéresser aux prix du meilleur roman adulte : SF, Fantasy, Fantastique, Horreur et en format long,
  • Regarder tout de même certains prix plus récents (10 dernières années) pour comparaison.

J’ai ainsi sélectionné les principaux prix littéraires de l’Imaginaire aux USA, au Royaume-Uni, en France et en Belgique, ce qui donne :

Sélection que j’ai voulu représentative sans être exhaustive, j’en conviens. Mes choix peuvent être discutés de bien des façons mais comme il faut bien commencer quelque part, je pense que ces données vont permettre de dessiner un premier panorama.

Les infographies : y a que ça de vrai

A partir de ces données, j’ai réalisé quelques infographies qui vont nous permettre de discuter plus facilement.

  • Pour les États-Unis :
  • Pour la France :
  • Pour le Royaume-Uni et la Belgique, ainsi que les prix SFFF plus récents :

Première constatation en regardant les statistiques pays par pays : il y a une très large différence entre les États-Unis qui flirtent avec la parité (45% d’autrice pour 55% d’auteurs primés) alors que les pays européens sont autour des 20 – 80 (20% d’autrices pour 80% d’auteurs primés). Je trouve la différence assez impressionnante et je ne m’attendais pas à une telle disparité entre les pays de chaque coté de l’Atlantique.

Les prix américains

Si on se concentre sur les États-Unis, on voit tout de même une assez large disparité entre les prix. Du Prix Bram Stocker (qui récompense le meilleur roman d’horreur) où seulement 20% des auteur.ice.s primé.e.s sont des femme au Prix Otherwise (qui récompense des ouvrages de science-fiction ou de fantasy qui développent ou explorent notre compréhension de la sexuation) où près de 70% des auteur.ice.s primé.e.s sont des femmes. Entre ces deux extrêmes, pour des prix comme le prix Hugo, le prix Locus, le prix Nebula ou le Word Fantasy Award les autrices représentent 40 à 60% des gagnants.

Si on veut se pencher sur les prix récompensant les meilleurs romans de Science-Fiction de cette sélection, c’est à dire : Le prix Locus du meilleur roman de SF, le prix Astounding, le prix Sidewise et le prix Philip K. Dick, on constate une répartition équivalente avec 44% d’autrices primées.

Au final, sur les prix américains, la parité n’est pas loin et il est très intéressant de voir que des prix comme le prix Hugo, le prix Philip K. Dick (prix récompensant des ouvrages de science-fiction publiés directement sous la forme de livres de poche) ou le prix Locus du meilleur premier roman sont paritaires sur les vingt dernières années.

Les prix européens : focus sur les prix français

Si on se concentre ensuite sur les prix européens, on constate que l’on est bien loin de la parité que ce soit avec les prix français, belges ou britanniques. Les statistiques sont équivalentes pour les trois pays et les autrices primées ne représentent que 20 à 22% des gagnants des prix littéraires de l’Imaginaire. Le fossé est bien plus grand…

Regardons maintenant les prix français. Tout prix confondus, on a un rapport de 20 – 80 entre autrices et auteurs primés. Mais dans les prix français, on doit en distinguer deux types : des prix consacrés aux romans francophones et ceux consacrés au romans traduits.

Pour les prix récompensant un roman francophone : soit le prix Rosny Ainé, le prix Imaginales du roman francophone et le Grand Prix de l’Imaginaire du roman francophone, les autrices de représentent que 19% des gagnants.

Pour les prix récompensant un roman traduit : soit le Grand Prix de l’Imaginaire du roman traduit et le prix Imaginale du roman traduit, on a 0% d’autrice primée pour l’un et 47% d’autrices primées pour l’autre. Aucune autrice primées sur les vingt dernières années pour le GPI alors que le Prix Imaginales arrive presque à la parité sur ces 14 années d’existence.

Nous arrivons finalement au prix Utopiales qui est à l’origine de cet article. Le prix Utopiale existe depuis 2007 (pas encore 20 ans donc) et les autrices représentent 15% des gagnants. C’est peu il faut l’avouer. Si on regarde ensemble les deux prix récompensant des romans de Science-Fiction (soit le prix Utopiales et le prix Rosny Ainé), on passe à 21% d’autrices primées.

Pour aller plus loin (et au-delà)

Une fois ces données décortiquées, quelques questions demeurent :

  • Quel est le pourcentage d’autrices publiées en littératures de l’Imaginaire adulte en France ? Et oui, si les autrices ne représentent que 20% de la production française alors les résultats obtenus pour les prix auraient une explication.
  • Quel est la place des autrices dans les prix de littérature blanche en France ? La question est de savoir si les chiffres obtenus en Imaginaire sont complètement différents de ceux obtenus en littérature générale ou si on arrive à des chiffres comparables.

Pour répondre à la première question, l’observatoire de l’Imaginaire (version 2018) à une réponse toute prête :

Données issus de L’observatoire de l’imaginaire : les chiffres de 2018

Depuis 2007, le ratio d’autrices publiées en Imaginaire est passé de moins de 10% à 33-34% (Données de l’Observatoire de l’Imaginaire 2019 – 2020). Des chiffres qui peuvent expliquer en partie le pourcentage d’autrices primées en Imaginaire sur les 20 dernières années où pendant 10 ans les autrices ont publié moins d’un quart de la production française en SFFF.

Regarder les prix de l’Imaginaire plus récents pourrait donc se révéler intéressant vu l’évolution du ratio autrices/auteurs publiés durant la dernière décennie en France. J’ai choisi quatre prix SFFF pour cela : le prix ActuSF de l’Uchronie, le prix Planète SF, les prix Elbakin et le Grand Petit Prix. On voit tout de suite la différence : on a entre 30 et 40% d’autrices parmi les gagnants. Des statistiques qui reflètent donc la production française de ces dix dernières années.

Si jamais vous vous posez la question pour les prix francophones plus anciens : si on ne regarde que les 10 dernières années, on a environ 23% d’autrices primées. Moins donc que pour les prix plus récents. A noter cependant que deux prix se démarquent de cette tendance : le prix Imaginales et le prix Bob Morane qui flirtent avec les 40% d’autrices primées sur les dix dernières années.

Pour tenter de répondre à la seconde question, j’ai sélectionné quelque prix de littérature blanche :

  • Prix Goncourt
  • Prix Femina
  • Prix Médicis
  • Prix Renaudot

En regardant ces quatre prix, on constate que sur les vingt dernières années, les autrices représentent un peu moins de 30% des gagnants et que sur les dix dernières années, ce chiffre n’a guère évolué.

Un ratio 30 – 70 alors qu’en littérature de l’Imaginaire le ratio est de 20 – 80. La différence qui n’est pas énorme et assez loin là aussi de la parité.

C’est bien beau tout ça mais quelle(s) conclusion(s) en tirer ?

Difficile de tirer des conclusions sans « mais » et sans « il faudrait que », le but n’est pas de montrer du doigt en disant « bouhouhou les vilains » et d’encenser de l’autre coté.

Tout d’abord la production française de romans SFFF est loin d’être paritaire, même si l’évolution des dix dernières années est prometteuse (je vais dire que je ne vois pas le plafond de verre parce que je suis optimiste). Difficile dans ce cas de demander que les prix le soit. Cependant, il faut avouer que certains prix le sont bien moins que d’autres et des prix comme le Prix Imaginales, le Prix Bob Morane ou le Prix ActuSF de l’uchronie (entre autres parmi les prix littéraires francophones) montrent qu’il est possible pour un prix de se situer dans un ratio autrice / auteur proche de celui de l’édition voire de le dépasser.

En 2019, les prix américains ont récompensé Mary Robinette Kowal, Naomie Novik, Rebecca Roanhorse, C. L. Polk, Lois McMaster Bujold, Akwaeke Emezi, Audrey Schulman et Jeannette Ng. En 2019, les prix européens, qui sont pourtant plus nombreux, ont récompensé seulement : Catherine Dufour, Estelle Faye (x2) et Martha Wells. Dans ce cadre, l’absence total d’autrice dans les finalistes d’un prix littéraire européen en 2020 est dérangeant mais pas si extraordinaire que ça (malheureusement). Ce qui montre que les autrices sont encore (très) sous représentées dans certains prix même par rapport au ratio des publications en littératures de l’imaginaire.

Et vous, qu’en concluez-vous ?

Cet article a pour but d’ouvrir la discussion. N’hésitez pas à commenter et à réagir sur ces résultats.

J’en profite pour vous dire qu’une présentation des chiffres de l’Observatoire de l’Imaginaire à lieu demain à 19h, l’occasion de continuer à parler des littératures de l’Imaginaire et de leur représentativité en France.

FacebooktwitterinstagramFacebooktwitterinstagram

34 thoughts on “Prix littéraires de l’Imaginaire : quelle place pour les autrices ?

  1. Waouh, super boulot ! Ça a dû te demander des heures pour compiler tout ça !
    Je ne m’attendais pas non plus à une telle disparité entre les Etats-Unis et la France, mais si c’est le reflet d’une tendance éditoriale derrière… Bref je me garderais bien de tirer des conclusions hâtives mais je trouve tout ça très intéressant (et pas complètement désespérant)

    1. Merci !
      Effectivement, on peut constater mais difficile de tirer des conclusions fines. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte : culturels, éditoriaux, etc…

  2. Merci beaucoup pour tout ce taff !! (des infographiiies ^O^)
    Je suis choquée de la différence avec les USA. En fait, je suis à la fois choquée et blasée tout court. Les prix reflètent une réalité éditoriale et culturelle qui perso me désespère même si les choses semblent évoluer (mais pas trop vite hein! on ne voudrait pas donner le tournis à certains). Des françaises qui savent écrire de la bonne SFFF pour adulte, je suis persuadée qu’il y en a. Encore faut-il les encourager et pas les parquer dans la chick-lit, le YA ou la jeunesse.

    1. Albin Michel Imaginaire a allumé un petite flamme ce matin en mentionnant qu’un début de de la ME (en 2018), ils recevaient seulement 20% de manuscrits écrits par des autrices alors que maintenant c’est environ 50% : espoir !
      C’est principalement de la Fantasy et du Fantastique, encore peu de SF.

  3. Gros boulot, impressionnant, et pour un rendu très clair, bravo.
    Est-ce qu’on a une idée du ratio auteur/autrice aux USA ? Pour voir si on peut prouver l’évidence que plus il y a d’autrices publiées, plus il y a de chances qu’elles soient primées. ^^

    1. Tu mets le doigts sur l’info que je n’ai pas réussi à trouver (et venant de toi ça ne m’étonne pas).
      Si, effectivement on a déjà une parité au niveau des livres édités, cela influence les prix.

  4. Je suis hallucinée par le boulot abattu ici, tu vas faire le plaisir de certains universitaires / thésards je crois en leur ayant à ce point mâché le travail.
    Je suis contente que mon petit coup de gueule / réflexion t’ait donné envie d’approfondir ce sujet, je te tire mon chapeau bien bas.

    Quant au pourquoi.. Quand je vois certains prix (que je ne vais pas citer mais bon tu vois de quoi je veux parler) classer systématiquement en jeunesse toute fantasy écrite par une femme pour peu qu’elle ait le malheur de ne pas contenir trop de tripes ou trop de sang et ce malgré un classement éditorial adulte et une autrice qui crie désespérément qu’elle écrit pour les adultes… Voilà quoi. Les mentalités doivent évoluer d’urgence et le chemin reste long même si on commence à moins se prendre les pieds dans les racines des arbres. (#lamétaphore ->)

    1. Il y a clairement plusieurs problèmes et celui de la parité n’en ai qu’un parmi d’autre.
      Le problème que tu mentionnes en est un autre mais qui me fait me poser une question : une autrice vend-elle plus si son roman est classé en YA/jeunesse plutôt qu’en adulte ?.
      Après je pense que celui de la diversité aussi bien dans les œuvres que dans les personnes primés doit aussi être un sujet à mettre en avant. J’aimerai beaucoup trouvé des infos pour faire un article sur la diversité dans les romans SFFF adulte en France.

      1. C’est une bonne question que tu poses, selon moi ça ne joue pas mais… je n’ai aucuns chiffres à donner, juste une impression. Et si ça a une influence alors les mentalités doivent vraiment changer d’urgence…
        Pour les articles sur la diversité il y a le blog Planète Diversité que tu connais peut être, qui en parle mais je ne sais pas s’il y a déjà un article d’écrit sur ce sujet ou pas. M’enfin ça vaut le coup de vérifier ^-^

        1. J’avais lu une discussion sur le fait que le Prieuré de l’Oranger avait beaucoup attiré les lectrices en rayon YA/jeunesse qui ne seraient (peut-être) pas allé le chercher en adulte… mais ce ne sont que des impressions,je n’ai pas de chiffres.
          J’aime beaucoup les articles du site planète diversité (et leur classement) qui m’ont beaucoup ouvert les yeux sur l’absence de diversité dans pas mal de livres. Je n’ai pas encore fait le tour de leurs articles alors de toute manière, j’irai voir 😉

          1. Y’a eu quelques discussions là-dessus, enfin sur cette thématique, sur ma chronique de l’anti magicien qui est classé jeunesse alors que pour moi c’est davantage tout public. Le Prieuré a le même souci. Je pense que le vrai problème, c’est ce cloisonnement commercial / éditorial qui complique encore davantage les choses ^^’ Parce que tu n’as pas tort, peut être bien que si on l’avait vendu en roman adulte, le Prieuré aurait eu moins de lecteurs… Mais peut être pas.

          2. Bonjour,

            Les volumes de ventes sont – généralement – nettement plus importants en Jeunesse/YA qu’en « adulte ». D’où la tentation, au moins pour les distributeurs, de viser les deux classements.
            C’est d’ailleurs en partie pour ça que certaines autrices/certains auteurs « basculent » en Jeunesse. Ca peut prendre moins de temps à écrire et ça se vend mieux. 🙂

  5. Beau boulot !
    Deux remarques :
    1/ Je ne sais pas si on peut encore considérer le Hugo comme un prix américain. Il est décerné par les participants aux conventions mondiales, et il y en a eu 3 en europe dans la dernière décennie, avec un public majoritairement non américain. En revanche, je crois que suite aux histoires de sad puppies, une partie du public SF le plus réactionnaire ne vient plus aux conventions mondiales et ne participe plus aux hugos, ce qui peut expliquer en partie la féminisation du prix (c’est évidemment totalement subjectif).
    2/ Il faudrait voir si la nature des votants influe : le Hugo et le locus sont des prix du public, le GPI est un prix à jury, le prix utopiales est entre les deux. dans le cas de prix du public, la popularité d’un auteur/d’une autrice peut avoir une influence plus importante sur le palmarès.

    1. Complètement d’accord avec tes deux points.
      J’ai laissé le Hugo comme prix américain mais on pourrait carrément lui ôter l’aspect géographique. Je pense que l’évolution de ce prix sera intéressante à suivre dans les prochaines années.
      Concernant ton 2e point, c’est clairement ce qu’il faudrait regarder pour approfondir le sujet, je pense effectivement que cela pourrait avoir une influence.

  6. Merci beaucoup pour cet article très intéressant ! Avec une collègue bibliothécaire, nous avions justement parlé il y a peu de l’absence d’autrices représentées dans les prix Utopiales roman adulte et BD, et ça nous avait interpellées. Cela dit, je ne m’attendais pas à une telle différence entre les chiffres américains et français, c’est troublant. Merci !

    1. Ça interpelle c’est sur XD
      Après il faut relativiser car je n’ai pas trouvé d’infos sur l’édition au USA. Peut-être que là-bas le ratio autrice/auteur est déjà proche des 50% (surtout que les USA sont un pays de quota). Mais tout de même, on a encore des efforts à faire en Europe.

  7. Bravo, quel boulot. Très joliment mis en valeur.

    Ca donne matière à réflexion. Espérons que l’avenir aille vers une parité et une reconnaissance des autrices.

    1. Merci !
      Les prix et la manière dont ils sont décernés sont souvent différents. Il y a des prix avec un jury, des prix décernés par les lecteurs et des prix qui regroupent les deux. Donc même si il peut arriver qu’un jury soit majoritairement masculin, cela n’explique pas la tendance générale.

  8. Beau travail, en effet. Ça aurait tout à fait sa place dans l’Observatoire, justement ! (on a du reste fait des statistiques qui seront présentées ce soir, mais celles-ci me semblent plus complètes).

    Je suis également interpelé par le GPI (dont je suis membre, au passage) : l’écart est effectivement important. Pourtant, on est quasiment à parité dans les jurés (4 femmes pour 5 hommes)…

    Pas mal de pistes de réflexion, merci en tout cas !

  9. Bonjour, très intéressant, en effet ! Ça aurait tout à fait sa place dans l’Observatoire (nous avons aussi ce genre de statistiques présentées ce soir, mais les vôtres sont plus complètes). Si vous souhaitez participer, vous êtes la bienvenue !

    Concernant le GPI, qui m’interpelle (j’en suis l’un des jurés), il n’y a a priori pas de biais sur la composition du jury, puisqu’il y a 4 femmes contre 5 hommes. Il faudrait creuser pour voir d’où vient un tel déséquilibre…

    En tout cas un grand merci !

    1. Merci beaucoup !
      Pour le GPI, j’ai été très étonnée du résultat mais effectivement impossible avec ces seules statistiques de voir où peut être le biais. Je regarderai les résultats de l’Observatoire de l’Imaginaire ce soir, je suis très intéressée par le travail que vous faites dans ce cadre.

  10. Intéressant et gros travail, pour pousser la réflexion plus loin, il faudrait connaître le nombre de sorties par an auteurs/autrices pour se rendre compte des proportions et croiser le tout, mais c’est sûr qu’il faut faire encore un effort ( il me faudrait aussi en lire plus, j’ai prévu d’améliorer ça l’an prochain dans mes choix de lectures)

  11. Article et statistiques très intéressants, merci. Perso, je pense que ça évolue et que ça continuera à évoluer (comme a dit Zola dans un autre contexte: « la vérité est en marche, et rien ne l’arrêtera »…), mais c’est lent. J’ai hâte d’en être au jour où tout ça n’aura plus aucune importance. 🙂

  12. Waouh, super boulot et super article, c’est très intéressant ! De mon point de vue d’ex-libraire : toujours eu l’impression que les autrices en imaginaire sont plus vendues en jeunesse/YA. Est-ce qu’il n’y aurait pas quelque part un inconscient collectif qui veut cantonner les autrices à de la lecture pour « femmes et enfants, prière de laisser les trucs d’adulte aux adultes » ? Pour femmes, dans le sens où on voit beaucoup plus d’autrices en littérature dite féminine ou encore en bit-lit.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :