Manga : Serii de Takehito Moriizumi

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Cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu de chronique manga sur le blog surtout dû au fait que je n’ai pas pris le temps de vous partager mes dernières lectures. Lorsque l’Atelier Akatombo m’a contacté pour me proposer de recevoir leur nouvelle publication, le premier manga édité chez eux, je me suis dit que c’était une belle occasion : découvrir une nouvelle maison d’édition et un nouvel auteur tout en reparlant manga sur le blog. Aujourd’hui, je vous parle donc de Serii de Takehito Moriizumi paru chez Atelier Akatombo.
 

Kakeru et Serii vivent dans un vaste manoir rempli de livres. Depuis une catastrophe, dont on ignore si elle est climatique ou écologique, le jeune homme et l’androïde sont confinés. Sans contact avec le monde extérieur, ils ont toutefois des réserves de nourriture et de chauffage. Serii fait la lecture à son compagnon, seul passe-temps possible. Elle lui relit les œuvres qu’il apprécie de Pouvoirs de Ursula K. Le Guin à Journal of a Solitude de May Sarton, Pilote de guerre d’Antoine de Saint-Exupéry ou L’Érotisme de Georges Bataille. Après une panne de générateur, elle perd la vue, et c’est à Kakeru de lui faire la lecture. Mais bientôt, la domotique cesse complètement de fonctionner…
 
 
L’Atelier Akatombo offre à leur premier manga un superbe écrin. Une très belle édition avec une couverture cartonnée faite de dessins esquissés et par dessus une couverture transparente où apparait le profil de Serii. Le jeu de transparence est très beau et l’objet en lui-même vaut le détour. On sent toute l’attention de l’éditeur mise pour offrir une belle expérience de lecture.
 
Serii est un manga de science-fiction dans le genre post-apo qui fait étrangement écho à des préoccupations très actuelles. Dans ce manga, c’est un duo qui nous accueille : Serii, robot humanoïde et Kakesu vivent dans un immense maison dont le principal atout (outre l’autosuffisance apparente) est une immense bibliothèque en sous-sol. Serii et Kakesu vivent en autarcie, ignorants ce qui se passe à l’extérieur et n’ayant de curiosité que pour les récits contenus dans les livres de la bibliothèque. Des livres qu’ils lisent ensemble afin que Serii les mémorise et, d’une certaine manière, pour qu’ils vivent en eux.
 
 
Serii est un manga comme un petite fenêtre sur un futur possible. Dans l’intimité de ce couple plus centré sur la sauvegarde d’un patrimoine culturel que sur sa propre survie, on entraperçoit  une humanité au bout de sa route… pourra-t-il y avoir une éclairci dans cette avenir incertain ?  Takehito Moriizumi nous présente un manga aussi simple dans son trait que profond dans les thèmes abordés.
 

Les livres, c’est comme les gens. On reçoit d’eux et on doit transmettre à notre tour.

 
Le trait est fin parfois il s’efface comme lorsque Serii perd la vue, il accompagne le récit, arrive à être plus expressif que les mots qui l’accompagne. Minimaliste presque évanescent comme ces vies en suspension.
 
 
L’auteur axe son roman sur l’importance de la transmission. Les livres et leurs univers sont au centre de ce récit. Au-delà de l’être humain, ils sont la mémoire de notre monde. Dans ce récit, c’est Serii qui portera cette connaissance et qui la transmettra à une humanité renaissante.
 

Les humanoïdes qui restaient s’appelaient les Renouvelables. Après être parvenus à se reproduire ils semblaient s’être décidés à adopter une politique de solidarité. Un fois le changement climatique stabilisé les Renouvelables s’engagèrent dans la protection des humains.

 
Ce manga est une belle expérience de lecture : hors du temps avec une touche d’onirisme et d’utopisme, c’est une lecture bien différente des manga que j’ai l’habitude de lire. Un très beau livre et une édition soignée pour un récit de science-fiction sur la transmission culturelle. J’ai beaucoup aimé cette parenthèse.
 
 
 
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