❤️ Emissaires des morts d’Adam-Troy Castro

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Albin Michel a envoyé du lourd en ce début d’année ! Vous pouvez déjà lire ma chronique du premier tome de Gnomon de Nick Harkaway et dans cette chronique je vais vous parler d’Émissaires des morts d’Adam-Troy Castro paru en tout début d’année et qui s’annonce comme un de mes gros coups de cœur de l’année.

Quand elle avait huit ans, Andrea Cort a été témoin d’un génocide. Pis, après avoir vu ses parents massacrés, elle a rendu coup pour coup. En punition de ses crimes, elle est devenue la propriété perpétuelle du Corps diplomatique. Où, les années passant, elle a embrassé la carrière d’avocate, puis d’enquêtrice pour le bureau du procureur. Envoyée dans un habitat artificiel aussi inhospitalier qu’isolé, où deux meurtres viennent d’être commis, la jeune femme doit résoudre l’affaire sans créer d’incident diplomatique avec les intelligences artificielles propriétaires des lieux. Pour ses supérieurs, peu importe quel coupable sera désigné. Mais les leçons qu’Andrea a apprises enfant ont forgé l’adulte qu’elle est devenue : une femme pour le moins inflexible, qui ne vit que pour une chose, « combattre les monstres ».

Avant de vous parler du récit en lui-même, je vais vous parler de cette édition très judicieusement construite et qui, pour moi, fait aussi que cette lecture est particulièrement prenante. Le livre d’Adam-Troy Castro paru chez Albin Michel Imaginaire est composé de plusieurs récits : trois nouvelles, une novella et un roman.

  • Avec du sang sur les mains (nouvelle),
  • Une défense infaillible (nouvelle),
  • Les lâches n’ont pas de secret (nouvelle),
  • Démons invisibles (novella)
  • Émissaires de morts (roman),

Le tout construit pour que les lecteur.ice.s puissent rencontrer et côtoyer le personnage principal : Andrea Cort de manière chronologique et ainsi suivre sa carrière dans le corps diplomatique au fil des pages. L’idée est clairement au top, elle permet non seulement de connaitre beaucoup d’évènements auxquels l’auteur fait référence dans le roman Emissaires de morts mais aussi de voir l’évolution d’un des meilleurs personnages féminins que j’ai découvert dernièrement en SF.

Cela dit, parlons du, enfin des, récits en eux-même. Tous ont pour personnage principal Andrea Cort, membre du Corps Diplomatique et avocate puis enquêtrice pour le bureau du procureur. Andrea Cort est un personnage féminin fort et marquant qu’Adam-Troy Castro nous permet de côtoyer au fur et à mesure que sa carrière au sein du Corps Diplomatique prend son essor. C’est ainsi que l’on découvre qu’Andrea Cort est moins une employée du Corps Diplomatique que sa propriété. Ce travail lui permettant d’échapper aux poursuites judiciaires que son passé pourrait lui valoir. Pugnace, féroce, fragile, intelligente, misanthrope et franche, Andrea Cort est un personnage très attachant mais également d’une complexité qui ne peut qu’attiser notre curiosité.

« Nous sommes tous des propriétés, Maître. La seule chose qui importe, c’est de bien choisir son maître.»

Dans la première nouvelle Avec du sang sur le mains nous découvrons Andrea Cort au tout début de sa carrière d’avocate. Une première nouvelle qui nous fait découvrir les enjeux du métier d’Andrea Cort, la diplomatie inter-planétaire mais aussi inter-espèce. On découvre un personnage épris de justice et courageux et surtout à l’intelligence aiguisée capable d’appréhender rapidement des situations complexes. Le deuxième nouvelle, Une défense infaillible est moins grandiose dans son contexte mais nous permet de découvrir la Nouvelle-Londres et les rouages du Corps Diplomatique tout comme la réputation d’Andrea auprès de ses collègues. La dernière nouvelle : Les lâches n’ont pas de secret et la novella Démons invisibles sont des bijoux du genre : tous les rouages de la diplomatie inter-espèce nous y sont représentés et on a autant l’impression de lire un récit de SF qu’un bon vieil Agatha Christie où l’on attendrait qu’Hercule Poirot nous annonce le coupable. C’est prenant et fin, complexe mais au final très compréhensible. j’ai adoré participer à ses deux parties d’échec diplomatique.

Ce n’est pas courant chez moi, Maître. Vous savez tout le mal que je pense du système, de la médiocrité qui lui sert de ciment. La plupart des engagés tentent juste d’aller au bout de leur contrat le plus rapidement possible. Quant aux carriéristes, ils s’efforcent d’atteindre leur propre niveau d’incompétence. Mais parfois, quelqu’un prend son travail au sérieux, un casse-pied comme Cynthia, qui s’avère encore pire. Ces gens-là foutent tout en l’air en se comportant comme si ce qu’il font a de l’importance.

Abordons maintenant le roman, Emissaires des morts. Déjà arrivée au début du roman, j’ai enfin compris ce que représente la couverture (moi ça me torturait un peu de ne pas arriver à interpréter l’illustration). On retrouve Andrea Cort avec plus de bouteille. Elle mène maintenant des enquêtes pour le Corps Diplomatique et est, cette fois-ci, chargée de faire la lumière sur un meurtre ayant eu lieu au sein d’un habitat artificiel appartenant aux IA-source. Sur Un Un Un, rien n’est adapté aux humains, et on ne demande pas vraiment à Andrea de trouver le coupable mais de trouver un coupable suffisamment commode pour que tout le monde soit content de son arrestation. Débute alors une enquête acrobatique mais encore une fois haletante dans un univers hors normes.

Avec tout le respect que je vous dois, Monsieur l’Ambassadeur, j’ai consacré toute ma carrière à l’arbitrage de conflits juridiques avec des cultures extraterrestres. Et je soupçonne fortement que le malentendu en question ne tienne pas tant au fait que le conseiller Rhaig soit un Tchi, qu’au fait qu’il soit un foutu trou du cul.

J’ai fait une pause entre ma lecture des nouvelles/novella et du roman et je dois dire que suivre les conseils de Gilles Dumay a été une bonne idée. Le passage d’un format court à un format long change beaucoup le rythme de lecture et la pause m’a fait du bien. Et pourtant, je me suis rendue compte que même avec 400 pages, le roman garde un rythme soutenu. Entre les visites de l’habitat, les rencontres avec les habitants et l’enquête, tout va vite et la lecture est extrêmement immersive. Mais franchement l’énorme point fort reste le personnage d’Andrea qui évolue au fil des pages. Le masque de froideur se craquèle pour nous faire entrapercevoir un personnage humaniste qui se cache sous la professionnelle hors-pair. Adam-Troy Castro se révèle un auteur très talentueux et nous propose une évolution de son personnage parfaitement crédible tout en introduisant des personnages secondaires tout aussi intéressants. Non vraiment je suis absolument convaincue et j’en redemande. Parce que le problème, arrivée au bout des 700 pages d’Émissaires de morts c’est qu’on en veut d’autres des enquêtes avec Andrea Cort ! On veut d’autres parties d’échec diplomatique et d’autres tours de force de notre déléguée du procureur.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai adoré ma lecture et j’en redemande. C’est quand même inhabituel que ce soit un livres aussi long qui soit venu à bout de ma panne de lecture et pourtant…. Il y a tout ce que j’aime dans ces récits de SF : un personnages principal hyper intéressant qui évolue de manière crédible au fil des pages, des enquêtes passionnantes qui mêlent justice interplanétaires et jeux de diplomatie inter-espèces, et une plume prenante et efficace qui nous fait voyager à travers l’espace. Une livre inratable, non sérieusement, lisez Émissaires de morts d’Adam-Troy Castro c’est excellent !

#projetombre
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17 thoughts on “❤️ Emissaires des morts d’Adam-Troy Castro

  1. J’ai beaucoup apprécié que l’éditeur installe le personnage et l’univers avec les nouvelles avant de nous faire plonger dans le roman. J’ai adoré et, moi aussi, j’ai hâte de lire la suite ^^.

  2. C’est donc ça qu’on appelle l’unanimité ? ^^
    Sa taille me fait un peu peur, surtout que je
    ne suis pas sûr de résister et de faire une pause, mais je serai bien obligé d’y passer un jour.

  3. Un excellent personnage féminin type Lisbeth Salander ?? Oui je mets la barre haute ^^
    Je note qu’il y a beaucoup à lire avant le roman en lui-même mais des nouvelles et novellas ça va c’est facile à caser tout de même

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